Mes 11 à 14 ans


 

Bien sûr, j’ai été débalancée par la mort de ma mère. Elle est décédée à 9h50 le 30 septembre 1966. J'ai été chanceuse d'avoir une bonne amie de ma mère près de moi. Ann m’avait prise dans ses bras et m’avait dit <Marilyn, ne pleure pas, ta mère est au ciel à présent et elle ne souffrira plus jamais et ne se fera plus jamais battre par ton père. Essaie de faire de ton mieux avec ta vie>. Elle a ensuite ajouté <Ta mère t’aime et elle t’aidera d’en haut>. En disant ces mots, j’ai senti un tel soulagement pour ma mère et pour moi que tout l’apitoiement a disparu et je savais que je devais prendre soin de moi. Nous étions à ce moment là âgés de 17, 13, 11, 7 et 5 ans. La chose la plus importante pour nous était que même si maman était décédée nous devrions nous tenir ensemble, ne jamais nous séparer les uns des autres et toujours garder contact. Ma jeune sœur et mon jeune frère et moi avons été placés dans des foyers nourriciers jusqu’à notre majorité. Chacun d'entre nous avons véçu de bonnes et de moins bonnes expériences. Malgré tout cela, nous nous en sommes sortis très bien et sommes toujours très près l'uns de autre.

Durant cette période, j'ai mis toutes mes énergies à jouer au basketball, à essayer de réussir à l'école et à garder. Le seul bon souvenir que j’ai de ce temps là, c’est que même si maman était décédée, et que mon père était souvent saoul et malade (étant hospitalisé souvent), il essayait souvent de nous réunir lors de congés scolaires ou durant les Fêtes. Nous chérissions beaucoup ces temps ensemble. Bien sûr, papa continuait de boire et nous avons développé des moyens pour ne pas être dans ses jambes et nous amuser quand même. Fallait que je me souvienne ce que ma mère nous disait : ton père est malade, il  est alcoolique.

Étant considéré comme un mal familial, l’alcoolisme m’a portée à avoir des pensées et des comportements très rationnels, donc j'ai étouffé l'enfant en moi. Ce n'est qu'avec le mode de vie Al-Anon et avec quelques personnes que j'ai et que je réussie à la laisser vivre. Le défi était aussi très fort en moi ..défier l’autorité jusqu’à un certain point et  montrer aux autres que personne bloquerait mon chemin, qu’ils s’essaient pour voir!! On n’avait qu’à me dire, <tu ne seras jamais capable de faire une telle chose>, croyez moi, je trouvais le moyen d’y arriver, j’allais leur montrer que j’étais capable. Même si je voulais défier beaucoup de choses, mon adolescence a été vécue dans la peur, peur surtout que si je n’écoutais pas on me placerait dans un centre d’accueil pour ados. Bien sur, l’autosuffisance a commencé à s’installer en moi aussi; je prouverais au monde entier que je m’en sortirais, que j’aurais besoin de personne pour prendre soin de moi, et que JAMAIS JE MARIERAIS UN ALCOOLIQUE!

Longtemps, l’estime de soi était très déficiente en moi. Je ne croyais pas qu'on m'aimerait, qu'un garçon serait intéressé par moi. J'ai connu mon premier chum à l'âge de 14 ans. Oh que je l'aimais. Nous nous sommes laissés au bout d'un an, il a choisi une autre fille. Je me souviens de lui avoir dit : "je ne peux pas t'obliger à m'aimer".

 

 

 

 




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