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Avant d'avoir mes 18 ans, j'avais une peur
bleue de me faire prendre dans une descente. Alors, je n'allais pas dans les bars
et les brasseries, car si je me faisais prendre, je risquais de me retrouver
dans un centre d'accueil. Alors, Den était avec moi jusqu'à 23 hres et sortait
après. Je n'étais pas tellement consciente de sa consommation. Mais, lorsque j'ai
eu mes 18 ans, nous pouvions sortir et je me rendais à l'évidence qu'il perdait
le contrôle lorsqu'il consommait. Nous avons quand même souvent eu du très bon temps avec la gang.
Tant qu'il ne prenait pas sa 6ième bière, il me semble que tout était beau. Mais
après, il ne m'entendait même plus.
Nous avons passé par
plusieurs expériences et c’est certain que la maladie de l’alcoolisme ne
nous a pas aidés. Même si j'ai répété à maintes reprises que jamais je ne
marierais un alcoolique, j'étais en amour par dessus la tête avec Den.
J'étais consciente qu'il avait un problème de boisson, mais moi
ce n'était
pas pareil, il me choisirait moi et non la bouteille, un jour il
arrêterait. Et je voulais
montrer à tout le monde qu’il avait eu tort, on s'aimait et
nous nous marierions et nous serions heureux jusqu’à la fin de nos jours.
J'avais lu beaucoup d'Harlequin !!!
En nous mariant,
je croyais qu'enfin la vie serait
belle. Je disait à Den que je
voulais m'habiller à mon goût mais
les choses ne se passaient pas ainsi.
J'étais portée à dire que c'était parce que nous n'avions pas d'argent.
Den me disait souvent.. va t'acheter ce que tu veux, il disait, prend
100$ (en 1973 c'était beaucoup
d'argent) et gâte toi, mais je
revenais avec 97$. J'avais rien
trouvé et j'avais peur de trop
dépenser et qu'il me chicane. Avec le
recul, je sais que c'est parce que
j'étais toujours dans l'indécision,
caractéristique du mal familial.
J'avais une peur bleue de me tromper,
donc je disais que je ne trouvais
jamais rien à mon goût.
J'étais aussi certaine que s'il cesserait de boire, je serais
enfin
heureuse… mais quelle illusion! J’ai essayé bien des choses pour l’arrêter
de boire : le chantage était mon fort. Je le menaçais sans cesse que je partirais
s’il n’arrêtait pas, je lui disais qu'il devait choisir entre moi ou la bouteille,
je buvais
avec lui, je le faisais boire afin qu’il communique avec moi etc etc... et rien de
tout cela n’a fonctionné...
Notre plus beau rêve était d’avoir des enfants. J’ai subi
une opération pour un ovaire à l’âge de 12 ans et de l’autre à l’âge de 20
ans, donc j’ai jamais eu la merveilleuse expérience d’une grossesse. TOUTE
MA VIE tomba à l’eau. Oh! Je m’étais dit, <je vais boire> afin que
la peine disparaisse, mais je me suis aussitôt dit, bien non voyons donc.
Nous étions toujours à la brasserie
ou au bar, jusqu'au jour où j'ai
décidé que j'en avais assez. J'ai
décidé de prendre soin de moi, de me
prendre en main. J'ai suivi le cours
de Relations Humaines de Sylvia
Bergeron et j'ai commencé à lire des
livres sur la pensée positive.
Malgré le problème de boisson, nous nous aimions beaucoup
l'un
l'autre. Il est certain que la communication laissait à désirer. Donc,
nous avons fait Renouement Conjugal. Cela nous a beaucoup aidés. Le seul
hic est que nous avons fait une fusion de couple. Den ne pouvait pas
bouger sans moi et moi sans lui.
Il me semblait que nous avions beaucoup d’amour à donner. Un
jour j’ai contacté mon médecin et je lui ai dit : <si jamais tu entends
parler de quelqu’un qui veut donner son enfant à l’adoption, donne-moi
signe de vie> et croyez-le ou non, environ 6 mois plus tard, notre
belle Caro entra dans notre vie. Oh que nous étions heureux! Caro était à
présent mon Dieu! Elle était tellement belle et un bon bébé et est devenue
une très belle jeune femme de 29 ans! Si vous aimeriez lire l'histoire de
l'adoption de notre belle Caro suivez ce lien.
Adoption.
Aussi, même si j'avais un super bon
emploi, j'ai tout arrêté pour être à la maison avec Caro. Je voulais la voir
faire ses premiers pas, ses premiers toutes.
J'ai toujours eu par contre le
sentiment que Den n'acceptait pas l'idée que je cesse de travailler.
L'insécurité financière faisait aussi partie de notre vie. Et j'avais
tellement peur que les Services Sociaux n'acceptent pas que nous
adoptions Caro. On m'avait dit que pour être une bonne mère, je devais
cesser de travailler, sinon Caro risquerait de manquer d'amour. Je me
laissais influencer facilement. Dans le fond, ça faisait aussi mon affaire
de ne plus travailler à l'extérieur.
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