|
Histoire de Sylvia
Il y a 10 ans, le 20
juin 1996, ma vie a
basculé en quelques
secondes. Ma grande
amie Marilyn, que j’aime
gros, gros, gros, m’a
proposé de raconter mon
histoire.
Je me nomme Sylvia, j’ai
47 ans et je suis
originaire de
Shawinigan-Sud. Je suis
une grande brûlée sur
91% de surface
corporelle au troisième
degré profond. Une
survivante, je ne suis
pas supposée être en
vie. Ma première
hospitalisation a duré
14 mois.
Je veux vous raconter
mon histoire afin de
partager mon message
d’espoir. J’espère
pouvoir aider les
personnes qui vivent de
grandes épreuves dans la
vie.
J’ai eu de très bons
parents et j’ai vécu une
très belle enfance. Mes
étés je les ai partagés
entre le chalet de mes
grands-parents au
Lac-à-la-Tortue et
Niagara Falls, Ontario
là où demeure ma
marraine. J’ai eu la
chance d’apprendre
l’anglais dès mon
enfance et depuis je
parle plusieurs langues
dont le français,
l’anglais, l’espagnol et
l’italien. J’adorais
l’école et j’ai une
facilité pour
apprendre. Mes études
postsecondaires, je les
ai faites à Québec
(Cégep et Université
Laval) et ensuite je
suis allée étudier à
l’Université d’Ottawa en
Ontario. Par la suite
je m’y suis établie.
Les prêts et bourses et
les emplois d’été m’ont
permis de faire des
études universitaires.
J’avais plusieurs rêves,
je voulais être
traductrice-interprète,
linguiste et
enseignante. J’ai
étudié très fort et j’ai
obtenu trois
baccalauréats, soit un
dans chacun de ces
domaines. Comme toute
jeune femme j’aspirais
à un très bel avenir.
J’avais une très belle
carrière et à 29 ans
j’ai décidé de me
consacrer à
l’enseignement au
primaire. J’adore
enseigner, c’est une
passion pour moi. Il y
a beaucoup de gens qui
m’ont dit que j’avais la
vocation.
En 1985, je convolais en
justes noces avec celui
qui je croyais être
l’homme de ma vie, mais
en 1989 je devais
interner celui-ci en
psychiatrie. Il
souffrait de
schizophrénie, lui et
sa famille m’avaient
caché ce PETIT DÉTAIL,
ce fut une période
atroce de ma vie. Sur
recommandation de son
médecin j’ai dû me
résigner à vivre une
dure séparation. J’ai
dû quitter Ottawa et
aller m’installer à
Kingston, Ontario, car
il me harcelait sans
cesse. Il faut dire que
moi à cinq pieds et six
pouces ( 1, 68 m) et à
peine 100 livres ( 45
kg) et lui avec ses six
pieds et quatre pouces
(2 m) je me sentais
toute petite et avec
raison. Il était devenu
très violent et ma vie
était en danger. Je
croyais bien que c’était
la pire épreuve que je
vivrais dans ma vie.
En 1993, j’ai pris une
année sabbatique pour
revenir dans ma région
afin d'être près de mon
père qui était très
malade. Le médecin nous
disait qu’il lui restait
environ 9 mois à vivre,
mais seulement 9 jours
après mon arrivée, papa
rendait l’âme. J’étais
inconsolable, non
seulement j’avais perdu
mon mari à cause de la
maladie, maintenant
c’était mon père, je ne
comprenais pas. J’ai
décidé de rester dans la
région, car je me
sentais incapable de laisser maman toute
seule. Je me suis
trouvée un
travail comme
enseignante, mais
l’enseignement étant ce
qu’elle est, j’allais de
contrat en contrat sans
jamais avoir de sécurité
d’emploi et encore moins
d’assurance et de
garantie d’emploi. J’ai
alors décidé qu’à l’été
1996 je retournais
enseigner à Ottawa, là
où mes diplômes étaient
reconnus à leurs justes
valeurs. Mais voilà que
le 20 juin 1996 le
destin en décida
autrement. En quelques
secondes ma vie a
basculé. |